19. De la nuit à l’aurore (1977)



FANTOME SOLEIL

J’ai froissé dans le feu
un fantôme et tout blond
une jambe légère
et si longue

une main de suède enneigée comme un champ
une image achevée dépecée par le vent

une fille amenée d’une étoile de verre
une peau faite avec la poudre des visages
et

la fille otage des bourrasques
noue
ses vieux cheveux de cendres ficelées

une fille à l’heure creuse
une femme à l’heure grise
un fantôme qui troue l’écran noir
et froissé dans le feu

un soleil et tout blond


mardi 29 mars 1977